Pour produire de la fusion sur Terre, il faut recréer des conditions extrêmes : chauffer la matière à plus de 100 millions de degrés, la transformer en plasma, puis la confiner assez longtemps pour que les noyaux d’hydrogène aient le temps de fusionner. Contrairement aux étoiles, où la gravité assure naturellement cette compression, les humains doivent ruser. Deux grandes approches dominent aujourd’hui, le confinement inertiel, qui comprime brièvement une cible avec des lasers, et le confinement magnétique, qui piège un plasma dans de puissants champs magnétiques, notamment dans des machines appelées tokamaks. Mais ce plasma est extrêmement instable. Plus on augmente sa température et la quantité de matière qu’il contient, plus il devient difficile à contrôler. Cette frontière, identifiée empiriquement dans les années 1980, est connue sous le nom de limite de Greenwald et jusqu’ici, elle ne pouvait être dépassée.
Le podcast est à écouter ici
Lien vers le communiqué de presse de Science Advances : Les expériences EAST Tokamak dépassent la limite de densité du plasma, offrant une nouvelle approche pour l’allumage de la fusion
Lien vers l’actualité parue dans la revue Nature : Le réacteur à fusion nucléaire chinois repousse le plasma au-delà d’une limite cruciale : que va-t-il se passer ensuite